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La preuve par l'acte

Document d'archive, diffusé pendant la révision de la loi fédérale sur le service civil en 2001-2002.

Celui qui est prêt à effectuer un service civil d'une longueur supérieure au militaire ne devrait pas être soumis à un examen de conscience.

Pour le Comité suisse pour le service civil et le Centre Martin Luther King, le temps est venu d'abolir l'examen de conscience, qui a montré ses faiblesses, et d'introduire le modèle de la preuve par l'acte.

Position du CMLK
Introduction
Prise de position
Modèles alternatifs
Preuve par l'acte
Prison pour Marino
Nouvelle loi
Implications


Différentes variantes sont en discussion, et le comité, ainsi que les organisations concernées, veulent s'employer dans les prochains mois à ce que la condition d'admission au service civil devienne une simple demande écrite, dans laquelle le candidat se déclare prêt à accomplir un service civil plus long.

L'article 59 de la Constitution dit que «Chaque Suisse est tenu au service militaire. La loi prévoit l'organisation d'un service civil». Selon les interprétations de l'Office fédéral de la justice publiées dans un rapport à la commission du Conseil national, l'admission sur la base de la preuve par l'acte, dans le sens d'un service prolongé, serait parfaitement possible. S'appuyant sur d'anciennes interprétations, le Conseil fédéral et la commission du Conseil national avaient jusqu'alors conclu que la solution de la preuve par l'acte était inconstitutionnelle. Voilà ce que disait le message du Conseil fédéral sur la loi sur le service civil de 1994: «L'article 18, 1er alinéa, première phrase, cst., (ancienne Constitution) établit la primauté de l'astreinte au service militaire, qui est donc la règle que les autorités sont chargées d'appliquer. Le service civil n'apparaît qu'à la deuxième phrase, comme exception à la règle sur leservice militaire obligatoire. Ici également, il incombe aux autorités de déterminer dans quels cas il peut y avoir exception. S'il n'en allait pas ainsi, la règle perdrait tout son sens, car chacun pourrait choisir de s'y soustraire.»

D'après l'Office fédéral de la justice, les critères pour l'admission sont consciemment laissés ouverts dans la Constitution, un conflit de conscience étant impossible à prévoir. La commission de sécurité du Conseil national a reçu, à la session de printemps, le mandat de tester une solution de preuve par l'acte dans le cadre de la révision de la loi sur le service civil. Deux modèles différents allant dans ce sens ont été proposés, l'un par Fernand Cuche et l'autre par Roland Wiederkehr. La commission ne traitera de la question du service civil qu'après avoir abordé Armée 21, soit en automne. Roland Wiederkehr a été convié par la commission à présenter son modèle au moment de la révision.

La question de savoir si un modèle de la simple preuve par l'acte serait admissible et approprié touche la Suisse depuis déjà longtemps. Elle a été discutée de façon intensive pour la première fois en 1977, lorsqu'avait été lancée l'initiative dite «de Münchenstein». Elle demandait dans son texte que «celui qui objecte le service militaire sera libéré des obligations militaires s'il accomplit un service civil. Le service civil dure une fois et demie de plus que la totalité du service militaire objecté». Dans la campagne pour la votation de 1984, le Conseil fédéral a argumenté sur le fait que le renoncement à l'examen de conscience menait tout droit au libre choix entre le service miliaire et le service civil et par conséquent à l'effondrement général de l'obligation de servir et du système militaire.

Entre-temps, le libre choix au service militaire est apparu dans les faits, non pas à cause du service civil, mais avec l'aide d'un nombre croissant de médecins. Ce phénomène qu'on appelle la voie bleue représente depuis longtemps un problème épineux pour les politiciens.

Aujourd'hui, le licenciement de l'armée pour des motifs médicaux est devenu un véritable sport. Les politiciens et les militaires se sont montrés incapables de changer quoi que ce soit, bien que le Conseil fédéral ait toujours reconnu la nécessité d'agir. Ainsi, en Suisse, les obligations militaires n'ont plus de légitimité depuis longtemps – et l'introduction d'un service civil avec des conditions d'admission plus restrictives ne pouvait pas y changer grand-chose. Si la Suisse conserve un système de milice, elle a besoin d'un service civil pour offrir à tous ceux qui ne voient pas de sens au service militaire de trouver une issue légitime. Au regard de l'effectif décroissant de l'armée suisse, cette solution peut être acceptée sans aucun problème.

 
   
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