Pour plusieurs raisons, Esso (ExxonMobil) nous semble devoir être une cible privilégiée de la campagne de boycott anti-guerre européenne. Esso est la compagnie pétrolière la plus riche du monde. Présente dans 200 pays, elle produit 4,5 millions de barils de pétrole et de gaz par jour. Esso est aussi l’un des principaux revendeurs d’essence et de gasoil aux particuliers, avec près de 900 stations services en France et des milliers en Europe. En 2001, elle a réalisé 15,6 milliards de dollars de profits dans le monde, et dépensé 7,9 milliards de dollars en exploration et production de gaz et de pétrole – mais pas un seul dollar dans les énergies renouvelables ou les biocarburants…
Selon The Economist, Exxon Mobil, « la plus grosse compagnie pétrolière, est aussi le plus puissant sceptique au monde sur les changements climatiques. Si le plus grand pourvoyeur de combustibles fossiles admet un jour ouvertement que le réchauffement climatique est réel, cela pourrait s'avérer plus important que n'importe quel arrangement de Kyoto. » (The Economist, décembre 2001)
Dans les faits, Esso a joué un rôle central dans le rejet du Protocole de Kyoto par l’administration Bush. Greenpeace France, dans un dossier bien documenté, accuse cette compagnie de « tirer les ficelles de la politique de Bush » et relève qu’Esso « a donné plus d’un million de dollars aux Républicains pendant le cycle électoral présidentiel de 2000, plus qu’aucune autre compagnie pétrolière. 91% des dons d’ExxonMobil aux partis politiques furent pour les Républicains. Aussitôt élu à la Maison Blanche, George Bush a su renvoyer l’ascenseur en proclamant la volonté des Etats-Unis de ne pas ratifier le Protocole de Kyoto, unique traité international de lutte contre le réchauffement climatique. Les Etats-Unis étant responsables de 25% des émissions globales de gaz à effet de serre, le rejet du Protocole par George W. Bush, avec l’appui des lobbies pétroliers et industriels, a considérablement porté atteinte à l’efficacité du Protocole, on a même pu craindre pour sa survie. »
Selon Greenpeace toujours, Esso a été de manière constante «la compagnie la plus acharnée dans ses tentatives de sabotage des négociations internationales sur la protection du climat; elle a également encouragé d’autres lobbies commerciaux et industriels à relayer son action. (…) Esso finance à coup de millions de dollars une propagande hostile à la mise en place de mesures de protection du climat. Esso exploite fréquemment des études scientifiques dépassées, bien sélectionnées ou incorrectes pour appuyer sa position. Employant les tactiques mises au point et éprouvées par les producteurs de cigarettes, ces campagnes mensongères sur le réchauffement climatique déroutent le public et les décideurs politiques et sapent toute volonté politique de s’attaquer au problème. »
Source: www.greenpeace.fr/stopesso/Le_cas_ESSO.pdf
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