Pourquoi une semaine culturelle contre l'occupation de l'Irak?
Actif depuis les mobilisations de janvier 2003, le collectif anti-guerre contre l'occupation de l'Irak continue à se réunir régulièrement. Il a, entre autres, récemment organisé une conférence avec un responsable du mouvement anti-guerre aux Etats-Unis et participé à la manifestation nationale « une année après le déclenchement de la guerre » le 20 mars 2004 à Berne. Il poursuit ses activités en organisant avec l'association Orient Espace une semaine culturelle pour résister à l'occupation de l'Irak (voir programme).
Après des décennies de dictatures, plusieurs guerres (la guerre Iran-Irak de 1980-1988, la première guerre du Golfe, la première intervention militaire américaine de 1991 et, enfin, l'invasion et l'occupation de l'Irak par une coalition de troupes dirigées par les Etats-Unis depuis mars 2003), un embargo sous l'égide de l'ONU qui a tué en 13 ans plus d'un million de personnes selon les chiffres de l'ONU elle-même, la population irakienne n'est pas au bout de ses peines.
La coalition dirigée par le gouvernement Bush devait, selon ses dires, « libérer l'Irak et y apporter la démocratie ». Plus d'une année après le déclenchement de la guerre, le résultat est plus catastrophique qu'on aurait pu imaginer: nombreux problèmes d'approvisionnement en eau et en électricité, communications difficiles, pillage de musées et de sites historiques, infrastructures obsolètes, etc. Sans oublier les troupes tirant sur des manifestations et les inacceptables scènes de torture, accompagnant toutes les opérations coloniales, visant à humilier un peuple et à briser sa résistance contre l'occupant1.
« [.] les rues de Bagdad, Falloujah et des villes du sud de l'Irak ressemblent à celles de la Palestine occupée »2. La résistance en Irak n'est pas seulement le fait de quelques extrémistes jusqu'au-boutistes, mais une contestation populaire généralisée dans toutes les couches de la population.
La guerre contre l'Irak s'inscrit dans un changement dans la conduite et l'organisation du déploiement impérialiste des Etats-Unis. Elle apparaît comme une première étape dans un projet d'ensemble visant à façonner sa suprématie à l'échelle de la planète.
Le Président Bush semble ignorer que l'Irak a une culture plusieurs fois millénaire. Au 20ème siècle, les poètes artistes et les musiciens irakiens – hommes et femmes – ont apporté une contribution décisive aux mouvements de renouveau et de recherche esthétique dans la culture arabe.
Si la résistance sur le terrain se développe en Irak et dans le monde, elle est aussi le fait des artistes qui se battent avec leurs mots, leurs couleurs, leurs musiques, leurs peintures, etc., pour s'opposer à l'occupation qui non seulement détruit les corps, mais mine aussi la créativité des hommes et des femmes.
Avec ce programme nous voulons montrer quelques aspects de la culture arabe authentique et ouverte sur le monde.
1 Pour une brève histoire de la résistance irakienne aux occupants, on lira avec intérêt le très récent ouvrage de Tariq Ali « Bush à Babylone » paru en mai 2004 aux éditions de La Fabrique.
2 Sami Ramadani, « Depuis le premier jour, les Irakiens leur disent: partez », The Guardian, le 9 avril 2004. Traduit en français sur le site www.alencontre.org.
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