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Un boycott global pour une paix durable
Ne soyons pas complices!

 Archive 15.06.2004 

Le système américain - entreprises et politique

Voici une vérité incontournable du système américain: tant que les grandes entreprises du pays vont bien, le gouvernement lui aussi va bien. S'il y a des remous dans le monde des affaires, les entreprises et leurs « lobbies » (n'oublions pas leurs contributions si nécessaires aux campagnes électorales) mettent la pression à Washington pour réclamer un changement de politique. C'est vraiment aussi simple que cela. Chacun de nous peut provoquer des remous qui seront perçus à la Maison Blanche et au Pentagone.

Exemples de contributions aux campagnes électorales du Parti Démocrate et du Parti Républicain (le parti de G. W. Bush), cycle électoral 2000:

Entreprise Contributions Dont Démocrates Dont Républicains
Altria (Philip Morris, Kraft foods) US$3,814,051 18% 81%
Credit Suisse First Boston US$2,567,726 30% 70%
Pfizer US$2,472,166 15% 85%
Walt Disney Co. US$1,478,282 56% 43%
Exxon Mobil/ESSO US$1,392,955 10% 89%
Amway US$1,358,790 0% 100%

Source: http://www.opensecrets.org/overview/topcontribs.asp?cycle=2000

Altria (ex Philip Morris/Kraft) était au deuxième rang des contributeurs à l'administration Bush. D'où vient tout cet argent? En partie, de vous et de moi (si nous fumons des cigarettes Benson & Hedges, Philip Morris ou Chesterfield; si nous buvons du café Jakobs ou Hag; ou encore si nous mangeons des chocolats Toblerone, Suchard, Miracoli, Milka).

Les compagnies privées soutiennent donc à coups de millions de dollars les campagnes électorales américaines. C'est un fait objectif, dont nous pouvons tirer une conclusion évidente: ces entreprises ont une grande influence sur l'administration du pays, et le gouvernement leur prête une oreille attentive.

Manifester, ça ne suffit pas!

Le gouvernement américain ne prend pas les manifestations au sérieux. Il l'a amplement prouvé en attaquant l'Irak sous des prétextes mensongers (les « armes de destruction massives »), et sans tenir aucun compte de l'opinion des millions de manifestants pacifistes descendus dans la rue le 15 février 2003 dans le monde entier.

Exprimer son opinion, ses sentiments de colère et de révolte, en se rassemblant publiquement, solidairement avec d'autres citoyen-ne-s, est certes un droit démocratique fondamental. Mais les manifs, même très visibles, même très massives, finissent par devenir un banal rituel de la société du spectacle car elles ne touchent pas les puissants là où ça fait mal - du côté du portefeuille. Tant que l'opposition citoyenne n'a pas d'impact économique, elle peine à se faire entendre des politiciens.

Le lien consommateur-entreprise-gouvernement-consommateur et consommatrices

En fait, le gouvernement étasunien ne vous prendra au sérieux que si votre action a un effet économique. Pepsi Cola, par exemple, ne perdra pas forcément beaucoup d'argent (du fait du boycott. Mais PepsiCo, comme toute entreprise, commencera à s'inquiéter sérieusement pour sa précieuse image de marque, et les lobbyistes de la firme relaieront cette inquiétude à Washington.

Le fait est qu'en achetant un produit, nous soutenons l'entreprise qui le fabrique, donc tacitement nous approuvons tout ce qu'elle fait - par exemple les donations qu'elle verse à tel et tel parti politique. Plus significative encore est notre contribution aux impôts payés par la firme. En aidant l'entreprise à faire des profits - par le biais de Denner ou Coop, par exemple -, une partie de notre argent va payer les impôts de l'entreprise qui soutient le gouvernement de George W. Bush. Donc j'ai réellement, bien qu'indirectement, aidé à financer la guerre contre l'Irak hier en achetant une barre chocolatée « Mars » ou en remplissant le réservoir de ma voiture dans une station-service Esso.

Agir globalement, rien qu'en faisant ses commissions

Avec une arme non-violente comme le boycott, vous en avez enfin fini avec le sentiment d'impuissance ou de frustration que vous éprouvez sans doute face au peu d'impact des manifs. Le boycott est une forme de grève, un acte de non-coopération au niveau de la simple consommation. Il vous permet d'agir efficacement, avec la certitude que le gouvernement étasunien vous écoutera - car il ne peut rester sans réagir face à la perspective de ne plus être soutenu financièrement par les grandes entreprises.

Bien sûr, comme pour les manifs, un boycott sera d'autant plus efficace qu'il sera plus massivement suivi. L'ambition du Global Boycott for Peace est de mettre cette arme entre les mains de milliers de consommatrices et consommateurs dans le monde entier.

 

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